Ce scientifique de 56 ans figure parmi les experts les plus influents en matière pétrolière au Congo-B, quatrième producteur de brut au sud du Sahara. C'est dans ce secteur stratégique que cet ingénieur originaire de Boundji (Nord), mais formé en France, a accompli sa carrière. D'abord dans l'Hexagone, au sein de la branche production d'Elf Aquitaine, puis à Pointe-Noire où la compagnie - absorbée en 2000 par Total - en a fait son collaborateur dès 1997 pour travailler sur le projet Nkossa.

C'est à cette période que Denis Gokana, rallié à Denis Sassou Nguesso après son retour au pouvoir au terme de plusieurs mois de guerre civile, a intégré le premier cercle du nouvel homme fort de Brazzaville en se consacrant au trading du brut. Devenu incontournable en raison d'une expertise aiguë de ce secteur dans son pays d'origine, il connaît une influence semblable à celle d'un Samuel Dossou, sous Omar Bongo, au Gabon.

Deux personnalités ont accompagné Denis Gokana dans cette irrépressible ascension, symbolisée par sa participation à la création de la SNPC en 1998 : Lucien Ebata, fondateur de la compagnie Orion Oil et du magazine Forbes Africa, ainsi que Denis Christel Sassou Nguesso, fils du président congolais, actuel DGA chargé de l'aval pétrolier au sein de la SNPC et, par ailleurs, administrateur de la Congolaise de raffinage (Coraf).

Issu du même groupe ethnique (mbochi) que Denis Sassou Nguesso et que la plupart des personnalités en responsabilité au Congo-B, Denis Gokana ne se cantonne pas à un simple rôle de conseiller spécial chargé des affaires pétrolières au palais. Entre 2000 et 2002, il a créé coup sur coup International Trading Management & Services (ITMS) en France et Sphynx UK à Londres. Ces deux sociétés sont dédiées à l'assistance technique et à la commercialisation du brut.

En 2003, il a également fondé sa propre entité à Brazzaville : Africa Oil & Gas Corp. (AOGC). Cette société spécialisée dans l'exploration, la production, le transport ou encore l'audit pétrolier est progressivement montée en puissance, obtenant plusieurs permis ou participations au large de Pointe-Noire. Depuis sa création, elle exploite le champ pétrolier Pointe-Indienne au large de Pointe-Noire et enlève de nombreuses cargaisons de la SNPC. AOGC s'est par ailleurs vue attribuer 8% dans Mwafi II (ENI Congo 58% et SNPC 34%) ; 10% dans Kitina II (ENI Congo 50% et SNPC 40%) ; 8% sur le permis Djambala II (ENI Congo 58% et SNPC 34%) et 10% sur Foukanda.

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