En outre, le secteur minier ne s'est toujours pas remis du décès brutal, dans un accident d'avion le 12 février 2012, d'Augustin Katumba Mwanke, que feu Laurent Désiré Kabila considérait comme son fils. Katangais, comme Kabila père, d'ethnie Bemba, Katumba était devenu l'indispensable conseiller financier et bras droit de Joseph Kabila. Katumba, alias "AK 47", avait facilité la promotion de nombreux fonctionnaires dans l'administration minière, où il a laissé derrière lui un immense vide qui tarde à être comblé.

Or, rien ne présage une stabilisation prochaine. Au contraire, les turbulences à venir s'accumulent : le ministre des mines Martin Kabwelulu, un outsider qui a su tisser son réseau, est en petite forme physique, au point que ses détracteurs estiment qu'il ne sera pas en mesure de mener à son terme l'épineuse réforme du code minier. Qui lui succédera ? Peut-être Simon Tuma-Waku, qui a déjà exercé ce poste. Moïse Katumbi Chapwe, le subtil et puissant gouverneur du Katanga à qui on prête des ambitions présidentielles, devrait quant à lui être remplacé d'ici la fin de l'année prochaine par un Nord-Katangais.

Sur ce fond d'incertitudes, un entrepreneur israélien, congolais d'adoption, Dan Gertler, concentre à lui seul plus de pouvoir politique et financier que nul autre. Arrivé au Congo-K à l'âge de 23 ans, ce joueur dans l'âme a survécu au système de Kabila père, dont il était devenu le roi des diamants, pour s'adapter à celui de Kabila fils, en s'imposant comme l'homme fort de la scène cuprifère et cobaltifère katangaise.

Quand ils ne font pas partie de ce premier cercle de pouvoir, comme c'est le cas de Glencore, partenaire de Gertler, les opérateurs miniers étrangers s'attachent les services d'un professionnel local qui a un solide carnet d'adresses. Ils s'entourent aussi d'influents conseils juridiques congolais pour sécuriser au mieux leurs précieux actifs dans cet environnement incertain.