Abreuvé de subventions pour endiguer les groupes radicaux établis sur ses frontières, le président burkinabè Roch Kaboré négocie en parallèle avec ceux qu'il est censé combattre. Une politique déjà menée par son prédécesseur Blaise Compaoré, dont l'entourage a toujours maintenu le contact avec les groupes armés djihadistes.
C'est un aparté en apparence anodin qui a réuni, pour quelques heures, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta le 1er avril à Dakar, où les deux hommes étaient venus assister à l'investiture du chef de l'Etat sénégalais Macky Sall. Mais le sujet qui les a longuement occupés, sans témoin, l'est, lui, beaucoup moins : depuis maintenant un mois, le président burkinabè négocie secrètement avec les groupes djihadistes actifs sur sa frontière nord,